dimanche 4 février 2007

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[note à moi même: On m'a demandé de dire 5 vérités sur moi. Puisque j'adore les petites énigmes facilement résolues et que, malgré tout ce que puisse dire, j'adore faire des rimes (même si elles n'ont rien de poétiques) j'ai décidé de sublimer mes pulsions là dessus... Clever, clever, clever...]

1.
Sur les murs blancs
Où poussent les araignées
Résonnent les chuchotements
De ses fragiles pensées

2.
Dans l’antre de la bête
Le sifflement constant
Des machines de son temps
Qui seules, le font renaître

3.
Les touches nacres et charbons
Le nickel fièrement tendu
Se retiennent sans un son
Depuis qu’il n’en joue plus

4.
Dans son univers d’Éveillé
Il n’est qu’un petit garçon
Et tout est comptine, chanson
Et grande timidité

5.
Où qu’il aille, quoi qu’il fasse
En lui ne peut faire taire
Qu’à côté de lui, à cette place,
Un vide le rende doublement solitaire


Tag:
La chaine doit s'arrêter
Devant l'évidence
Qu'il connaisse l'absence
D'une personne à emmerder.

[Cela dit il invite
Qui serait écoeuré
De ces vers sans papiers
et de cette pudeur nuvite
à aller visiter l'autre]

Février stuprò suo 4

Les pensées qui le submergeaient ne lui apportaient jamais le moindre réconfort. Elles l’isolaient plutôt insidieusement, le perdant dans un bois d’où il ne pourrait plus jamais s’échapper. Quoi qu’il puisse parfois courir à en perdre haleine, cherchant tantôt la lumière tantôt les voix, il n’atteignait rarement que l’orée, avant de se perdre à nouveau sur les sentiers sinueux où ses pensées l’entrainaient.

L’espoir de retrouver la sortie de ce sombre labyrinthe, où la cime des arbres si haute soit elle ne l’aidait jamais à s’orienter, s’amenuisait de jours en jours. Et à quoi bon, se disait-il. Certes, il voyait bien les mains tendues, les lampes torches de ces adjuvants qui cherchaient – certains en y mettant bien un peu d’effort – à le guider vers un bois plus clairsemé, mais leurs appels lointains avaient de moins en moins d’attrait. Peut-être serait-il plus simple d’abandonner.

Les glapissements lointains des coyotes (ou était-ce une meute de loup?), entendus quelques temps auparavant lui avait d’abord parus menaçants. L’idée d’affronter seul ces bêtes était, comme le sens commun le voulait, pour le moins terrifiante. Mais très vite, les jours passant, leurs aboiements s’étaient lentement mutés en un indescriptible réconfort, comme si la venue hypothétique de ces chiens sauvages entamerait le voyage de retour vers les heureuses contrées. Hélas, de plus en plus lointains s’étaient faits les échos, à un point tel qu’il avait du se résigner à ne jamais pouvoir entendre les grognements salvateurs des canins affamés.

L’épais feuillage et les branches charnues se refermaient sur lui. Théâtralement, las de courir en vain, las d’espérer l’impossible, il s’était couché nu, replié sur lui-même, à même le sol. Et le temps passait, passait, passait.

dimanche 28 janvier 2007

L'université en 25 temps

Les lueurs bleues et jaunes de phares juraient sur le fond noir. Pareils à des yeux uniques, m’observant sans gène, ces cyclopes inquisiteurs. Mes pas faisaient échos sur la Structure, amplifiés par le treillis argenté pour se perdre dans le noir qui l’entourait. Et cela amplifiait leur faim, ces charognards de l’ombre. La fuite vers le ciel m’était impossible : les étoiles étaient à Terre et m’entouraient. Pourtant, plus je m’avançais sur la Structure, plus elles semblaient le faire avec moi, ne déformant jamais le cercle dont j’étais le point central. Mais elles le feraient, hostiles présences.

La Structure semblait s’étirer à l’infini. Certes, on pouvait y discerner des changements dans les matières qui la composaient, mais elle demeurait froide et pareille à elle-même. Certaines zones semblaient être récentes, peut-être fin 80 début 90, et d’autres dataient carrément des années 50, et toutes reprenaient le même concept : métal de construction percé de trou menant sur le vide noir, ciel ouvert. Et toutes m’étaient éclairées sans amour par les phares des coyotes qui m’entouraient.

Les aveuglants projecteurs s’estompaient parfois, s’affaiblissant à se faire oublier. Moments de solitudes que j’aurais du apprécier, et pourtant… Quand le noir se rapprochait de moi, ces carnivores affamés se mettaient à me parler. Ces voix sinistres et mal intentionnées m’entouraient jusqu’à ce que je me déplace et retourne dans une autre zone de la Structure où les phares se rallumaient. Les voix s’y faisaient généralement discrète, j’arrivais alors à les déceler et ne pas les écouter outre mesure. Ce n’était cependant pas le cas quand les lampes s’éteignaient. Elles se confondaient alors avec la mienne. Tout autour de moi, en moi, elles m’envahissaient de leurs sinistres incantations, et il n’était possible de les arrêter, ces mauvais guides.

Et je retournais dans les autres zones de la Structure, m’y perdait. Mais pas longtemps. La Structure, on en avait vite fait le tour, et c’étais là que les problèmes commençaient.

dimanche 14 janvier 2007

Dieu, quand vous ferez l'inventaire, ne comptez pas ceux-là

[Pour me sauver de Saint-Denys Garneau et puis parce que tant qu'à gaspiller du papier autant gaspiller le temps des autres]

Moi, le corbeau macabrique,
Dépeçant mes chaires de mon bec acéré
Je me demande parfois d’où viennent
Les douleurs qui me mettent en pièce

J’erre dans ces catacombes, seul,
Creusés par les vers et cloportes grouillants
Ceux là même qui minèrent son âme
Et qui me firent pousser des ailes

Je ne peux laisser ce labyrinthe de viscères
au risque de moi-même perdre tout sens
mais d’un autre côté j’ai si faim et j’étouffe
ne me jugez pas, dehors, si je ne suis plus grelot.


[Pour le fun]

Toujours la complainte stomacale perdure,
Comme un écho venu d’une lointaine disette,
Tel un carnivore contraint à la verdure
Qui, pour une feuille morte, fais des risettes [hihi]

Et derrière les murs certains la recrachent,
La chiquent pour en apprécier l’abondance,
Mais dans la rue ici, violemment, se l’arrachent,
Secoués par les spasmes, les décadents.

Parce que la poésie, même si ça sent mauvais, ça reste inoffensif

L’infection qui te dévore et te mange;
Jouissance de mourir, bonheur étrange,


Puis tes humeurs

régissent par de suintantes pustules.

La sèche nécrose te brûler les sens
et abattre tes défenses et ton arrogance
.

Poésie endimanchée

[parce que ça n'a pas besoins d'être bon pour être lu]

Viens, toi, mon ténébreux, consumer tous mes sens,
Approches, que mon âge engourdie t’absorbe,
Renonce à la douleur pour aimer l’impuissance,
Approche, que mon corps étourdit t’absorbe.

Viens, berces-moi de ton courroux opiacé,
Appliques ton baume sur mes plaies et mes peurs,
Fusionnelle relation, laisse s’écouler
Hors de moi mes hantises, horreurs et stupeurs.

Donnes moi une vérité, je te la rendrai,
Envahis ma vision et corromps tous mes sens,
Pénètre mes veines, va, mon esprit, transformer.

Ma conscience aigrie s’abandonne à tes serres,
Unes à unes, tu prends contrôle des défenses.
Allez! Je t’en conjure! Fais moi taire!

[et ça donne envie de cracher sur les poètes]
[surtout quand ils écrivent ce genre de choses sur des bouts de papier]
[entre deux regards vers l'instit, une seconde d'attention]
[et c'est encore le spleen qui l'emporte sur leur envie de rationnel]

Ma banlieue ne brûle plus

Regarde bien mes yeux,
Mes poings se serrer,
Dans ma poitrine ce noeud,
Et entends moi tirer.

dimanche 7 janvier 2007

Le backlash

La musique prends le contrôle de mes appétits, de mes rêves et des formes, je me sens soulevé par les bras des blanches.  Pourquoi ne nous déplacerions pas en suivant la musique, synchronisés par le rythme, pantins aux services des formes de la musique et de leurs couleurs.  Ennivré, je suis navré de danser encore tout seul...

Bad trip classique (ou) Quand on crache en l'air, ça devient absurde

Mensonge, jalousie, dérives malsaines. Mon quotidien se dessinait entre un verre de vodka sur glace et un pétard. « - Apprends à manger convenablement ! – Soignes ton hygiène ! – Ne négliges pas ta diction ! – Changes ces vêtements ! – Fais plus d’exercice tu deviens énorme ! – Sois plus sérieux ! – Cultives toi ! – Arrête de manger ! » Pourriture du jour et oisiveté alarmante. Je comblais mes temps libres avec ma carte de crédit. Vêtements en tout genre, instruments de musique, accessoires informatiques, accessoires de cuisine, mobilier, nourriture, nourriture, nourriture. Le reste du temps consacré à la branlette : réflexions insipides, forums de discussion, égarement dans l’imaginaire et vraie branlette, of course. Toutes activités, absolument toutes, soutenues par un sentiment de désintérêt total doublé de culpabilité. Les amis imaginaires, les véritables, les souvenirs et les chimères. Mais surtout un tout teinté de solitude. Je n’avais pas l’impression de vivre les moments, seulement de les contempler. L’attitude contemplatrice, passive, ne me plaisait cependant pas, je me considérais comme un homme d’action, du moins il m’arrivait de trouver qu’il m’était impossible de vivre sans, au minimum, pouvoir le raconter à quelqu’un. La fermeture de mon blogue insipide m’avait aussi privé d’un exutoire où fourrer le poids de mon quotidien. Je dérivais. Et puis l’amour… Pourquoi fallait-il encore que je sois foutu dans une histoire compliquée… Que dis-je, de nombreuses histoires compliquées. Et pourtant, rien à faire, je n’arrivais pas à sortir de mon quotidien infernal et m’attaquer en face aux démons qui m’emportaient vers les abîmes. Bref, dériver et couler à la fois… Je regrettais presque le diagnostic rassurant porté quelques temps avant, l’idée de ne pas souffrir et avoir une excuse pour me retirer et tranquillement mourir me plaisait, quoi que… Et puis il y avait eu ces rencontres, avec l’un qui, saoul, vomissait sur mon canapé, ou l’autre un peu plus tard lisant avec passion ses écrits. De bons moments. De bons moments troublants cependant. Mon quotidien était fragile et la poussée, négative ou positive, avait été difficile à contrebalancer. Et puis moi, le salaud, encore enfourné dans la bouffe, l’alcool et la drogue… J’agonisais. Mais pis encore : avec les années j’avais développé un certain respect des autres; il ne m’étais plus possible de prétexter la dépression pour me planter une seringue pleine d’air dans les veines… L’échappatoire idéale s’était fait la malle. Et le son de mon putain d’ordinateur, de mon putain de frigidaire et de la putain d’horloge. Et puis ces putains de voisins qui m’empêchaient de crier, de chanter, de gueuler comme un porc qu’on égorge. Ma douleur, elle finissait plutôt sur un sopalin. Puis basta poubelle. Alors que mes hauts et mes bas me faisaient peur, la douleur physique se faisait plus pressante. La laideur, les mensonges, la cupidité et l’imbécillité m’auront conduits à la maladie plus d’une fois. Et rendu à ce point, ça ne se soigne plus. 

jeudi 4 janvier 2007

Qu'une chose à dire à Séraphin

Fermes donc ta gueule, ostie de folklore!

mercredi 3 janvier 2007

Rien de littéraire ici

J'ai dit rien de littéraire ici.

Compris! 

(ostie de blogueurs à marde de calisse d'insignifiants)

Quai sur la Seine d'un viol post-moderne

Rictus pornographique où se perd l'érotisme de ce que tu dégobilla, emportes moi sur tes bateaux où s'écrasent les becs-en-ciseaux. Rictus pornographique qui embobine tes rêves de solitude fraternelle, emportes moi jusqu'à la frontière qui porte le Déjà-Vu amère. Rictus pornographique quand je soupoudres un parfum de noirceur, emportes moi sur le lieu du naufrage quand la trotteuse rouille et s'incruste. Rictus pornographique comment gémissent les souffrances de B., emportes moi jusqu'au bouillon comment éviter la collision. Rictus pornographique pourquoi me possèdes-tu, emportes moi sur l'abandon Le Pourquoi Te Souviens-Tu? 

dimanche 31 décembre 2006

Le piano bar où le spleen fait débander

Une femme plus âgée vint un jour me parler. Assise à côté de moi, les jambes pendantes, les coudes atterrés, la peau flasque et blanche traversée par des canaux bleutés, elle semblait m’apprécier. Sur le piano du Whisky Café, elle prit l’initiative de quelques notes. Jazzée comme Montreux, ses doigts me rappelèrent le phare à Nantucket. Douce, charmante, diablement sexy. Mais l’hiver reprit vite ses esprits. Je me réfugiai dans mon Appricot Brandy, laissant la musique aux autres, et les charmes d’une femme intouchable à mes désirs adolescents. 

L'éclairage bleuté d'une salle où on projette un film sans que personne ne le regarde sauf moi

Puérile solitude, toi qui me dégustes, explique moi tes desseins. Mon sang se fait noir au lieu de tes attouchements, pourquoi ne te contentes-tu pas de mes yeux asséchés. Leur vert s’écoulant vers un gris aride, grenier des morsures et châtiments t’en conjure. Mais tu ne m’écoutes pas. Serais-tu sourde? Aveugle? Ton plaisir ne naissant que dans le goût de mon bonheur digéré. Alors que les eaux crèvent, me laisseras-tu regarder notre descendance? Tu me dévores encore, comme tu dévoreras mes petits. Dans mes cubiques bizarreries grisâtre tu occupes tant d’espace, refoulant ne serait-ce qu’un instant de couleur. Orangée tu t’étais présentée, lavande et achillée, et puis maintenant tu me laisse aux gris et noirs tant expliqués. Respire avec moi le gaz s’échapper du périnée déchiré, reste avec moi. Notre descendance fraîche née me dévore déjà et je sens la pièce grise s’effondrer. Mes rêves sont toujours colorés, mais tu ne m’aura jamais expliqué pourquoi, eux, tu me les a laissés. 

Le sexe du malin

Ses lèvres pesantes parcouraient la plénitude de mes replis intimes. Gorgées de sang, elles battaient à la mesure de nos cœurs, férocement synchronisés pour l’occasion. Chaque vague, chaque impulsion, inconsciente, se transmettait amoureusement à la mer de mes chaires. Désir montant, respirations haletantes, les plus sauvages instincts alcoolisaient les plus frigides inhibitions. Unes à unes, comme aspirées par les délicates succions, elles semblaient se soumettre au feu de sa bouillonnante beauté. Comme un poème récité par un pauvre tourmenté, sa douceur hérissait chacune de mes sensibilités. Et la rougeur de sa peau. Sous le drap paresseux, la chaleur irradiante berçait la nuit mieux que l’orange lueur sodium indiscrète, dévoilant tantôt l’écorce d’une forme humaine, tantôt ses détails les plus magiques, les plus voluptueux.


Puis au bas ventre, la montée dramatique. La bouche grande ouverte pour un cri qui jamais ne se sera fait entendre, les yeux gorgés de sang en ébullition, le battement erratique des muscles en action et la rythmique dérangée du cœur et des pensées, tous à la merci de la mécanique frénétique de l’incontrôlable et de l’irréaliste. Pistil acide de liqueurs aux amandes, préparé à l’Effluve insouciant - mais décidé - qu’il ne peut plus retenir.



Cambrement solidaire, terrassant Le soupir final vint, dernier, maladif. Sous la couette échauffée, l’ombre d’une fesse, morte par le plaisir.